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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 21:08
Appréciation de Kepherton

 

Titre original : The lost art of keepings secrets

Review, Headline Book Publishing, Londres, 2005
Flammarion, 2007
Livre de Poche, 2009

Un roman qui nous plonge dans l'Angleterre des années 1950. En pleine ambiance rock'n roll. Johnny Ray fait chavirer les cœurs anglais tandis que l'on commence à entendre la voix lointaine d'un jeune chanteur américain qui tente de s'imposer, Elvis Presley.

L'héroïne-narratrice de cette histoire est Pénélope, une jeune anglaise issue d'une aristocratie quelque peu déchue. Elle et Charlotte deviennent amies, des amies qui partagent la même passion irrationnelle pour le chanteur Johnny Ray. Nous suivrons les turpitudes d'un petit monde clos à l'intérieur duquel Charlotte et Pénélope nous entraînent. Il y a Harry, le cousin de Charlotte, le magicien, qui s'acharne à récupérer le cœur d'une riche américaine fiancée à un autre, par intérêt sans doute plus que par amour. Inigo, le jeune cœur rebelle, rêve de partir aux Etats-Unis entreprendre une carrière musicale quand ses parents n'entrevoient pour lui qu'une carrière plus classique. Il y a Rocky Dakota, le charismatique producteur américain qui s'en vient conquérir un cœur. Mais est-ce celui de Pénélope ou bien de sa mère ?

Des histoires d'amour qui s'entrecroisent, des admirations gamines pour des stars' Eva Rice a réuni les ingrédients d'une bonne histoire pour un roman so british. Pour ma part, il m'a fallu m'acharner un peu pour apprécier le roman.

Je m'en serais finalement voulu d'avoir arrêté la lecture ! A marcher dans les pas d'un certain Marivaux, l'auteur a mis en scène une pléiade de jeux de l'amour et du hasard jouée par des acteurs vraiment très vivants. Finalement, le roman ouvre les portes d'un petit monde très vivant et entraînant et c'est avec plaisir que l'on se laisse entraîner dans des aventures aussi infantiles que charmantes. Pour rajouter au tout, le roman oriente notre regard vers une page ancienne de l'histoire qui constituera le cadre de cette histoire charmante. C'est donc avec un sourire un peu nostalgique que nous lisons les pages de cette histoire.

Enfin, l'auteur a su proposer une œuvre pleinement maîtrisée pour un livre qui se veut une sorte d'invitation au voyage. Ce roman est construit comme une pièce de théâtre. Asseyez-vous, Messieurs-Dames ! Et lorsque le rideau se lève, c'est pour nous entraîner dans un univers un peu naïf et enfantin auquel la réalité cède la place. Pendant la durée de ce spectacle, le temps ni les tracas quotidiens n'existent plus, cette œuvre est une promesse d'évasion.

Et puis les rires cessent brutalement, les sourires tombent. Le drame et la tragédie font leur entrée en un chœur pour le monologue final, celui qui met fin à l'histoire. Un dialogue qui sonne comme un acte définitif, celui qui fait tomber le rideau. L'héroïne Pénélope disparaît alors de nos yeux, non sans nous avoir glissé au passage un clin d'œil complice qui laisse entendre une dernière note d'espoir. Il est alors temps de fermer ce livre, le ranger dans sa sacoche et partir au bureau.

Ce roman d'Eva Rice se révèle bien écrit et d'une lecture agréable. L'auteur a maîtrisé entièrement son histoire et propose un roman qui est en fait un morceau de détente, un petit coin de paradis à garder dans sa poche pour s'y évader de temps à autre.

Chronique réalisée pour les Editions Le Livre de Poche
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11 mai 2007 5 11 /05 /mai /2007 09:32
Une réflexion sur la mémoire.

Un homme devient amnésique et tente de retrouver ses souvenirs. Nous partons à ses côtés dans cette quête difficile.

Mots-clés : le solitaire, récit d'une vie à autrui, citéroman, résuméroman
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10 mai 2007 4 10 /05 /mai /2007 09:30
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Mots-clés : citéroman
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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 17:45
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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 17:06
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2 avril 2007 1 02 /04 /avril /2007 22:00

Une présentation du livre est faite sur le blog de Florent.

Mots-clés : récit d'une vie à autrui

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19 mars 2007 1 19 /03 /mars /2007 17:38
Appréciation de Kepherton

Qui était Jonas Lauretz ? Un père ordurier, un homme tyrannique pour sa famille ? Certainement. Pendant longtemps, il vit vivre sa famille dans la terreur. Exploitant, ses affaires marchaient relativement mal. Lauretz se sait détesté de sa famille et chaque jour, il rentre un peu plus taciturne et plus violent. Pour son fils Niclaus, pour SYlvelie, pour sa femme.

La famille le déteste, Niclaus peut-être encore plus violemment que les autres. Il décide de tenir tête à son père, les journées devenant alors le prétexte d'affrontements verbaux et physiques. Et puis un jour, c'en est de trop et la famille se résoud à un meurtre. Le Vieux doit crever ! Pour qu'ils puissent enfin vivre. Le meurtre a lieu et sitôt le cadavre enterré, les voilà débarassés de Jonas Lauretz. Enfin, ils peuvent mener une vie nouvelle.

Mais la juridiction locale connaît du changement. Le juge actuel est remplacé par un homme jeune, Andie, qui tombe amoureux de Sylvelie.  L'homme est amoureux mais le juge est rigoureux et il décide de mener une enquête pour faire surgir la vérité. Une ambiance oppressante s'instaure. Que se passera-t-il s'il découvre la vérité ?

En 502 pages, ce roman raconte les secrets d'une famille hantée par un crime. Le regret et l'amertume sont quotidiens mais chacun doit malgré tout vivre heureux. Sans longueur, le roman porte sur une histoire réellement intéressante. Une très bonne lecture.

Mots-clés : un crime, biographie d'une famille, citéroman, résuméroman
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12 mars 2007 1 12 /03 /mars /2007 17:16

Critique d'Emile Zola. La Tribune. 28 novembre 1869.

Il est certaines oeuvres ont la publication est un événement parisien qui appartient à la chronique. C'est à ce titre que je m'empare de l'Education sentimentale, de Gustave Flaubert, ce livre jeté entre deux orages politiques : les élections d'hier et les séances législatives de demain.

J'ai des scrupules que je dois avouer avant tout. je n'ai mis qu'une journée à lire ce livre qui a coûté à l'auteur six ans de travail et de soins. J'ai bien reçu une impression vive, une sensation générale ; mais, à coup sûr, je n'ai pas pénétré toutes les intentions de l'oeuvre, je n'ai pu en étudier ni l'équilibre ni la portée. Gustave Flaubert est un artiste consciencieux qui ne se contente pas de construire solidement son oeuvre, pierre à pierre ; quand les pierres sont cimentées, il les sculpte, et il faut voir alors de quelles broderies il les fouille ; un livre de lui est tout un monde de détails, une nef ouvragée avec des finesses de ciseau merveilleuses. En fermant le second volume de l'Education sentimentale, j'étais en plein éblouissement. Les cinquante ou soixante personnages de l'oeuvre, dansaient, les épisodes si nombreux se mêlaient dans ma tête. Je confesse qu'aujourd'hui encore le calme ne s'est pas fait en moi. Et quand je songe aux six années laborieuses de l'auteur, je me sens pris d'une certaine honte à vouloir juger un tel effort en quelques heures. Je n'entends donc pas fait oeuvre de juge. Je m'en sens incapable pour le moment, et je crois qu'on ne dira la vérité vraie sur ce livre que l'année prochaine. Je veux seulement en parler en lecteur sympathique. De cette façon, ma conscience me laissera en paix.

J'entends, d'ailleurs, m'occuper beaucoup plus du talent de Gustave Flaubert que de son dernier roman. Il y a chez lui une étonnante dualité qui constitue tout son caractère d'écrivain, sa personnalité. Il est, par tempérament, attiré vers l'épopée. On le sent toujours prêt à bondir d'un élan lyrique, à se perdre dans les cieux agrandis de la poésie. Et il reste à terre ; sa raison d'homme, sa volonté d'analyste exact l'attache à l'étude des infiniment petits. C'est un Titan, plein d'haleines énormes, qui raconte les moeurs d'une fourmilière, en faisant des efforts pour ne pas céder à l'envie de souffler des chants héroïques dans sa grande trompette de bronze. Un poète changé en naturaliste, Homère devenu Cuvier, reconstruisant les êtres avec des fragments d'os, au lieu de les évoquer et de les créer de toutes pièces ; tel est Gustave Flaubert, l'esprit double qui a produit des oeuvres d'une réalité à la fois si minutieuse et si épique.

Il me serait aisé d'accumuler les exemples. On n'a qu'à relire Madame Bovary. Rien qui ne soit pris sur nature, et rien qui ne soit fatalement traversé d'un grand souffle. Les personnages, certes, vivent de la vie de tout le monde ; mais dans leurs paroles, dans leurs gestes, si soigneusement étudiés, il y a, par moments, de rapides frissons qui révèlent tout à coup des sensations, une existence nerveuse qu'aucun romancier n'avait notée jusqu'ici. Je ne parle pas de Salammbô, oeuvre entièrement lyrique, qui montre combien Gustave Flaubert est un grand poète. Je me contente de ses oeuvres de pure analyse, des livres où il a voulu faire général, étudier la foule, la bêtise commune, et où, malgré lui, il a tiré de la réalité une singulière musique, douce et gutturale, toute vibrante de ses propres nervosités. Chaque écrivain apporte ainsi sa musique, que les lecteurs délicats entendent parfaitement sonner, de la première à la dernière page d'un livre. La musique de Gustave Flaubert est une sorte de basse continue, sur laquelle chantent, comme un sifflement aigu de petite flûte, des gammes soudaines de notes nerveuses. Un réaliste, soit ! mais un réaliste qui tire du réel d'étranges concerts. Chez lui, tout s'anime d'une vie particulière. D'un mot il fait vivre un arbre, une maison, un bout de ciel. Il met dans un simple rire de ses personnages des profondeurs incroyables de bêtise ou d'esprit ; il ne leur fait pas remuer le petit doigt sans que ce mouvement ne prenne une immense signification. Et toujours il ouvre ainsi sur la vie des trous inconnus, des échappées neuves. Ses romans, je le répète, sont comme une notation nouvelle de l'existence, notation des mille petits riens de la journée, qui paraît banale et qui finit par constituer un tout d'une étonnante vitalité. C'est qu'il a étudié ou deviné chaque être et chaque objet avec ses nerfs de poète, et qu'il nous donne la réalité vivante de l'intense vie nerveuse dont il l'anime.

Qu'on ne s'y trompe pas, là est sont talent, son génie particulier. D'autres regarderont les infiniments petits avec des loupes plus grossissantes, étudieront le réel de plus près ; d'autres auront une patience égale, une vue aussi nette, une méthode aussi puissante. Mais ce qui lui appartient, ce qui est lui, c'est cette pénétration nerveuse des moindres faits, cette notation à la fois méticuleuse et vivante de la vie. Nous ne reverrons sans doute pas un poète analyste, un lyrique qui consente à piquer dans un cadre les insectes humains. La est le miracle. Lorsque j'entends la critique reprocher à Gustave Flaubert de ne rien apporter, de ne rien pénétrer, je suis tenté de crier à mes confrères : « Tant pis pour vous, si les sens manquent. Ce que l'auteur apporte, ce sont les profondeurs inconnues de l'être, les sourds désirs, les violences, les lâchetés, toutes les impuissances et toutes les énergies traduites par les niaiseries de la vie journalière. Et ce n'est pas un simple greffier. C'est un musicien doué dont les poèmes sont faits pour des oreilles sympathiques. Si vous n'entendez pas, c'est que le sang ou la bile vous étouffent. Soyez nerveux, vous comprendrez. »

Pour moi, l'Education sentimentale, comme Madame Bovary, est une pure symphonie. N'oubliez pas que je n'ai point voulu juger l'oeuvre et j'en cause ici en simple artiste ; je conte mes sensations, rien de plus. Dans son nouveau roman, Gustave Flaubert a élargi son thème ; mais les variations sont aussi nombreuses et aussi délicatement travaillées. Son intention première a certainement été de résumer tout un âge, les années troubles allant de 1840 à 1851, et il a pris pour motif principal l'agonie lente et inquiète de la monarchie, coupée par les coups de feu de février, de juin à décembre. Dans ce cadre, il a fait revivre la génération du temps, pour laquelle l'histoire aura de grandes sévérités ! Son héros, Frédéric, est un impuissant ambitieux, un esprit indécis et faible qui a d'immenses appétits et qui est incapable de les satisfaire. Quatre femmes travaillent à son éducation sentimentale : une femme honnête qu'il n'aime pas assez pour en faire la force de sa vie ; une grande dame, un rêve de vanité dont il se réveille avec dégoût et mépris ; une provinciale, une petite sauvage précoce, la fantaisie du livre, qu'un de ses amis lui prend presque dans les bras. Et quand les quatre amours, le vrai, le sensuel, le vaniteux, le naïf, ont essayé de faire de lui un homme, il se trouve un soir, vieilli, assis au coin de son feu avec son camarade d'enfance Deslauriers, qui a ambitionné le pouvoir, sans plus le conquérir que lui n'a conquis une tendresse heureuse, et tous deux ils pleurent leur jeunesse envolée, ils se souviennent comme du meilleur de leurs jours, d'une après-midi où, partis pour voir des filles, ils n'ont point osé passer le seuil de la porte. Le regret du désir et des pudeurs de la seizième année : telle est la morale, la dernière note du poème.

Tout un monde, d'ailleurs, s'agite autour de Frédéric et de Deslauriers. Je ne puis même marquer d'un trait chaque personnage. Et les scènes sont si multipliées : soirées dans le grand monde et dans le demi-monde, déjeuners d'amis, un duel, une promenade aux courses, un club de 1848, les barricades, la lutte dans les rues, etc. L'auteur a fait tenir l'âge entier dans son oeuvre, avec son art, sa politique, ses moeurs, ses plaisirs, ses hontes et ses grandeurs. Tous ses efforts ont tendu à s'effacer, à écrire le livre comme un procès-verbal et complet. Il a essayé même de se désintéresser plus encore que dans Madame Bovary,. Mais il a eu beau faire, ce n'est pas là la vérité nue, c'est toujours la vie interprétée par le poète que vous savez. Moi, j'entends le champ large qui monte de l'Education sentimentale. Lisez avec soin, vous saisirez toutes les harmonies des quatre amours de Frédéric. La chair et l'esprit ont leurs phrases musicales. Et, en dessous, entendez le grondement social qui ronfle comme une voix d'ophicléide. A chaque chapitre, les motifs se détachent, s'opposent avec un relief magistral : c'est Frédéric allant causer d'amour avec sa maîtresse sous les futaies de Fontainebleau, tandis que l'insurrection hurle à Paris ; c'est la continuelle tension des volontés échouant misérablement contre les moindres obstacles. Tout, dans l'oeuvre, est une floraison de l'art, bien que l'auteur ne peigne que le vrai. Avec une habileté immense, il reste à terre et donne à chacun des mots qu'il emploie une telle vibration, qu'ils semblent tomber d'une trompette du ciel.

On accuse Gustave Flaubert d'abuser des paysages. Eh ! oui, il les prodigue : j'avoue même que ses livres ne sont fait que de paysages. Mais il faut s'entendre. Sa méthode est essentiellement descriptive ; il n'admet que le fait, la parole et le geste ; ses personnages se font connaître eux-mêmes en parlant et en agissant ; point d'analyses raisonnées comme dans Balzac ; mais une série de courtes scènes mettant en jeu les caractères et les tempéraments. De là forcément des descriptions, puisque c'est par le dehors qu'il nous fait connaître le dedans. Il veut nous donner, dans ses romans, la vie telle qu'elle est ; il cherche à disparaître ; il ne prend point le scalpel pour nous faire assister à une séance d'anatomie morale ; il ne dissèque pas devant nous la cervelle ou le coeur d'un patient, comptant sur le patient lui même pour révéler son être par une parole, par un acte. Dès qu'il a poussé sur la scène un personnage, il lui laisse le soin de se présenter au public, de vivre au grand jour, naturellement, et il évite de jamais montrer ses doigts d'auteur qui tiennent les ficelles. Méthode excellente, seule manière d'être exact, de reproduire la vie jusque dans son cadre naturel.

Et, d'ailleurs, les paysages proprement dits, dans Gustave Flaubert, ne sont-ils pas nécessaires aux personnages ? Si l'on veut faire connaître un homme, il faut le montrer dans l'air qu'il respire. Les milieux font les êtres, les choses ajoutent à la vie humaine. Le romancier poète l'a bien compris ; toujours, chez lui, la nature accompagne l'humanité, toujours elle est là, triste ou joyeuse, ajoutant à la joie des hommes ou coupant leurs sanglots de ses rires. Les moindres objets prennent ainsi des voix ; ils vivent, ils parlent et se meuvent presque. Il y a dans Madame Bovary un exemple bien curieux de cette vie donnée aux choses. Léon, le clerc amoureux, fait, le soir, chez M. Homais, une cour muette à la femme du médecin. Il regarde la robe d'Emma, traînant à terre autour de son siège. Et l'auteur ajoute : « Quand Léon, parfois, sentait la semelle de sa botte se poser dessus, il s'écartait, comme s'il eût marché sur quelqu'un. » C'est là une de ces notations de la vie nerveuse qui constituent, selon moi, un des traits les plus remarquables sans doute, du talent de Gustave Flaubert. La robe d'Emma vit pour son amoureux. Tout l'art moderne, si secoué, si curieux de physiologie, est dans cette ligne.

Une version électronique du livre est disponible sur le site ebooks gratuits

Mots-clés : récit d'une vie à autrui

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12 mars 2007 1 12 /03 /mars /2007 11:57

Editions Gallimard, 2006.

Un titre intrigant pour un livre drôlement intelligent. Le roman est un récit à deux voix.

Renée, 54 ans, est veuve, concierge dans un immeuble parisien très bourgeois. Elle a le tablier de concierge, le sourire de concierge, les mots de concierge, les travaux et les "petites" humiliations.

Son chat s' appelle Léon à cause de Léon Tolstoï. Car Renée aime les livres, la peinture, la musique, les musées. Mais cela, elle le cache. Manuela, la femme de ménage est son amie.

"N'ayez qu'une amie mais choisissez la bien".

Dans l' immeuble vit la famille Josse. A 12 ans, Paloma est une petite fille très intelligente, observatrice, qui regarde le monde des adultes avec lucidité. Aussi a-t-elle décidé "qu'elle n' entrerait pas dans le bocal à poissons" mais se suiciderait à 13ans et mettrait le feu à l' appartement. Elle cherche le silence pour écrire ses "pensées profondes". Bientôt elle s' installera chez Renée.

Arrive un nouveau locataire japonais, M.Ozu. Il excite la curiosité de toutes ces dames mais c'est Renée qu'il invite chez lui.

Extrait :  "Voilà la situation, moi, Renée, 54 ans, des oignons aux pieds, née dans la fange et destinée à y rester, me rendant à dîner chez un riche japonais dont je suis la concierge pour la seule faute d'avoir sursauté à une citation d'Anna Karénine, moi, Renée, intimidée et effrayée jusqu' en ma plus intime moelle et consciente à m'en évanouir de l' inconvenance et du caractère blasphématoire de ma présence en ce lieu qui, bien que spatialement accessible, n'en signifie pas moins un monde auquel je n' appartiens pas et qui se garde des concierges...."

On a bien conscience des classes sociales et du rôle que chacun est tenu de tenir. Mais entre les passages anecdotiques, d'autres plus émouvants, la conclusion est : "Muriel Barbery est capable de faire entendre les jeux les plus variés, l'érudit, le bouffon, le moqueur, l' ennui, le polémique, le truculent. Elle a l' humour dévastateur. Plus rare le sens de l' inattendu."

Une autre appréciation : "Quel plaisir de faire la connaissance de Renée, Paloma, M. Ozu, Manuela. Quelle joie de voir égratigner ces bourgeois des beaux quartiers. Quelle satisfaction de partager les pensées de cette concierge autodidacte surdouée et de Paloma, pré-ado en révolte contre la bêtise des gens et quelle tristesse de se séparer de ces protagonistes si attachants.

Quel beau pied de nez aux idées préconçues et sclérosées et quelle habileté dans l'art de nous faire réfléchir tout en nous faisant rire ou sourire."

Mots-clés : récit d'une vie à autrui, le célibataire
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Published by Corinne - dans Romans
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8 mars 2007 4 08 /03 /mars /2007 18:54

Un commentaire du livre est disponible dans la revue Clio. Clio, numéro 1/1995, Résistances et Libérations France 1940-1945



Mots-clés : romanantempsdeguerre, citéroman, résuméroman
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