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Bibliovora

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Irving STONE : La vie ardente de Michel-Ange

Publié par Kepherton sur 20 Février 2007, 16:25pm

Catégories : #Art

Irving STONE : La vie ardente de Michel-Ange

Titre original : The agony and the ecstasy

Appréciation de Kepherton

Cette biographie est aussi un très grand roman historique. L'auteur y peint la vie et l'oeuvre de Michel-Ange. Comme tous les autres artistes, Michel-Ange débuta sa vie en cherchant un maître sous la coupe duquel se placer, pour apprendre l'art. Au travers d'un parcours mouvementé, il parvient à travailler aux côtés de Ghirlandajo, un très grand nom de son époque. Mais déjà, le jeune Buonarroti se révèle être une mauvaise tête. Face aux autres qui veulent peindre l'homme vêtu de sa toge habituelle, lui veut les peindre nus, dans leur essence la plus profonde, ainsi que Dieu fit Adam et Eve. Michel-Ange lutta mais réussit à imposer son caractère auprès de ceux qui voulaient le faire plier. Il se crée déjà un cercle d'amis et poursuit son travail d'apprentissage, en quête du meilleur. Il découvre alors le mécénat auprès de Laurent le Magnifique, connut les fastes de la famille Médicis et sut dores et déjà s'imposer comme étant l'une des valeurs prometteuses de son temps, aux dires de certains tout du moins.

Luttant contre son père, il fit de la sculpture son métier et partit au gré des commandes chercher de quoi payer sa famille et la faire vivre. Travailleur acharné, esprit infatigable à force de perfection, il réussit à s'acquérir des partisans en Italie puis en France. Mais Michel-Ange doit perpétuellement se battre. Contre son père qui n'a de cesse d'imposer ses vues réductrices sur l'art, contre les nombreux détracteurs plus ou moins jaloux. Sans compter le moine Savonarole dont les sermons enflamment le peuple de Florence et entraînent les buchers des vanités. Après la déchéance des Médicis, Michel-Ange doit trouver d'autres protecteurs. Il connut la majestueuse Florence puis partit vivre à Rome, dans la Rome des papes. L'épisode du coup de poing qui lui écrasera le nez est également relaté. Dans Rome, il lutte contre Léonard de Vinci et d'autres concurrents et part à la recherche de commandes à l'égal de son génie. Michel-Ange se lamentera toute sa vie d'être humilié à force des refus que l'on lui impose devant son désir ardent de sculpter le marbre. Et si les mécènes ne manquent pas, ils exigent de lui des travaux bien particuliers : de la fonte de bronze, des peintures. Oui, mais bien peu de sculptures. Michel-Ange connaîtra une succession de papes, devant lutter pour gagner leurs faveurs jusqu'à ce qu'ils se révèlent capables de le comprendre, lui, personnage si complexe. Dans ce roman, on suit avec douleur un sculpteur brimé dans son désir de sculpter. Mais on voit l'artiste gagner perpétuellement en sagesse et en génie. Michel-Ange connut la misère la plus noire, l'humiliation publique, le procès et sa réussite, comme celle des autres, il la doit à la générosité de ceux qui ont bien voulu le protéger. Ce roman s'avère riche en couleurs et avec ce récit, on suit pas à pas les évolutions du peintre, de sa condition et de son oeuvre. Les oeuvres originales se succèdent, toutes plus belles les unes que les autres, sans jamais satisfaire vraiment l'artiste.

 Ce roman n'est pas un récit noir d'une vie en déclin. Peu à peu, il se dessine même un avenir radieux pour un homme qui a toujours peiné à se comprendre lui-même. Michel-Ange est l'un des rares artistes et même le seul qui sut imposer ses vues aux papes au prix d'un long combat, d'un exil forcé et de cruels ennuis judiciaires. Au-delà des querelles artistiques, des bassesses, de la colère des peuples qui voulurent lutter contre les Médicis, puis contre les Borgia et Pièro, il est celui qui laisse le patrimoine artistique le plus important depuis ses sculptures de bronze jusqu'aux merveilles de la chapelles Sixtine. Il sut triompher de Léonard de Vinci en lui prouvant toutes les possibilités offertes par la sculpture. Et malgré ses déceptions et sa rancœur, il sut mettre toute son énergie au service de chacune de ses créations. Michel-Ange achève son existence dans une solitude relative. Ayant conquis le soutien papal, il continua de travailler ardemment. Et jusqu'à sa mort aux environs de 90 ans, il travailla sur les commandes considérables qui lui furent demandées. Mais c'était un âge encore trop jeune et qui nous prive des constructions encore si admirables qu'il aurait pu réaliser. Michel-Ange vit peu à peu ses amis s'éteindre. Dans l'esprit d'un si grand homme, c'est le signe d'un temps qui passe, d'une époque qui s'achève pour qu'une autre puisse s'ouvrir. Michel-Ange sut faire renaître les mythes bibliques et grecs pour leur donner leurs dimensions la plus paroxystique et la plus parfaite. Poussant sa conception à l'extrême, il amena un bouleversement dans la vision de l'art que l'on avait jusque là. A un tel point que la postérité se demandait comment réussir à poursuivre ses traces sans jamais en dévier. Un roman magistral, très bien documenté et qui permet de comprendre ce personnage si profond.

Ce livre, grand format, fait 475 pages.

Mots-clés : biographie artistique, Michel-Ange, Une biographie décrivant uniquement la vie d'un peintre, Un livre traitant de l'oeuvre d'un peintre, citéart, résuméart

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