Livre cité par et présenté par Corinne
L'histoire se passe avant et après la guerre en Allemagne. Plus que la relation qui se noue entre Mickaël, lycéen de 15 ans et Hannah, femme mystérieuse, solitaire et imprévisible, j'y lis un "petit" plaidoyer contre l'analphabétisme. Pas de grandes théories mais une démonstration simple et humaine qu'une vie entière peut dépendre du fait de savoir lire et écrire.
La honte de son ignorance, son camouflage ont poussé Hannah à devenir kapo dans les camps où Hitler n'exigeait pas de diplômes mais une obéissance aveugle.
Pourtant Hannah, avide de lecture avait besoin de se procurer, là aussi, un "liseur".
Suite aux jugements après guerre, la prison deviendra école et pourra satisfaire sa boulimie de connaissances. Sans dévoiler la fin, Hannah a traversé la vie à travers les mots des autres mais n' a pas vécu.
Extrait : "Oui, elle avait ses protégées, toujours les plus jeunes, faibles et fragiles ; elle les prenait sous sa protection, veillait à ce qu'elles ne soient pas forcées de travailler, à ce qu'elles soient mieux logées, mieux nourries et le soir, elle les emmenait avec elle. Et les filles n'avaient pas le droit de dire ce qu'elles faisaient avec elle, et nous pensions que...mais ce n'était pas çà. Un jour, l'une d'elles a tout de même parlé, et nous avons appris que ces filles lui faisaient la lecture soir après soir."
L e roman donne à réfléchir à ce que représentait la "lecture" dans la vie d'Hannah et lire est un premier savoir ; puis il faut "contre lire".
Mots-clés : roman2ndeguerremondiale, récit d'une vie à autrui, citéroman, résuméroman